Qui sème le vent récoltera la tempête… médias : éoliennes en France

On les aime, on les déteste, les éoliennes font désormais partie des médias et du discours politique à chaque élection. Cristallisant nombre de paradoxes vis-à-vis des énergies renouvelables et de la transformation écologique, les éoliennes font l’objet de nombreuses idées reçues.

Les énergies renouvelables représentent désormais 16 % de la consommation finale brute d’énergie en France. La France a inscrit dans la loi sur le transfert d’énergie pour la croissance verte l’objectif de porter cette proportion à 32 % d’ici 2030. Parmi toutes les énergies renouvelables (éolien, solaire, bois énergie, hydraulique, biogaz, déchets, pompes canicule, etc.) en En France, l’éolien fournit 7,1 % de l’énergie renouvelable consommée. Pourtant, les arguments générés par la filière éolienne ne se déroulent pas à la mesure de son utilisation : ils envahissent régulièrement l’espace médiatique. Qu’en est-il des éoliennes en France ? Voici une sélection d’idées reçues sur les éoliennes, pour vous forger votre opinion.

La France a déjà une électricité décarbonée, pas besoin de nouvelles éoliennes

La France a déjà une électricité décarbonée, pas besoin de nouvelles éoliennes

Si la France, grâce à son parc nucléaire, a une production d’énergie relativement peu carbonée, elle est encore bien au-dessus des recommandations des scientifiques et loin des ambitions de neutralité carbone pour 2050. Si le mix énergétique actuel de la France émet 60 grammes de CO2 par kWh, l’éolien en émet 15 grammes, selon l’ADEME. Voir l’article : Face à la hausse des prix du gaz, l’éolien pourrait devenir rentable. A titre de comparaison, le mix énergétique en Allemagne émet 430 grammes de CO2/kWh, car il est encore fortement dépendant de la filière charbon.

Comme Romain Perriniaux, du cabinet de conseil en environnement I Care & amp; Consult : « Le parc de production énergétique français est plutôt ancien et en fin de vie, la question se pose donc du renouvellement nécessaire des infrastructures dans les années à venir ». Ce sont donc des centrales hydroélectriques et thermiques vieillissantes, qu’il faudra remplacer quoi qu’il arrive, reste à savoir par quoi.

Enfin, l’augmentation de l’utilisation de l’énergie électrique doit être prise en compte. Dans l’idée de remplacer les énergies comme le pétrole et le gaz, fortement émettrices de carbone, par de l’électricité… Il va falloir produire plus ! Romain Perriniaux poursuit : « On oublie souvent que si l’on utilise plus d’énergie électrique, il faut aussi produire plus, l’électricité ne représentant qu’une toute petite partie de notre consommation d’énergie (ndlr : environ 25 %). »

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Les éoliennes sont nocives pour la faune et la flore sur terre … et en mer

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Les professionnels de l’industrie et les scientifiques observent attentivement l’impact des éoliennes sur la biodiversité, car il est réel – dans une certaine mesure. A voir aussi : Les éoliennes n’auraient presque aucun effet sur les prix de l’immobilier. Un rapport de la LPO rapporte que la manière dont les éoliennes sont disposées dans les parcs a une énorme influence sur l’impact sur la biodiversité, comme le montre la capture d’écran ci-dessous.

Et les oiseaux et les chauves-souris ? Certes, la mort de ces animaux sur des pales d’éoliennes est le résultat le plus frappant, mais ce n’est pas vraiment ce qui préoccupe les sociétés de protection des animaux. À ce stade, les radars sont désormais retardés afin d’éviter l’éolienne, ou l’idée de les arrêter lorsque les chauves-souris partent. L’installation de parcs éoliens peut effectivement perturber l’alimentation et la nidification de certaines espèces. Cependant, « tous les projets éoliens doivent tenir compte de l’impact sur la faune et la flore locales. Certaines restrictions peuvent être imposées en cas d’espèces protégées ». La réglementation en France est très stricte à ce sujet, et laisse peu de place à l’erreur.

L’étape la plus problématique pour la biodiversité est l’assemblage, aussi bien pour les éoliennes terrestres qu’offshore (à l’exception des éoliennes flottantes, domaine encore balbutiant). « De toute façon, construire une éolienne demande beaucoup de trajet en camion, ancienne prairie artificielle, champ ou forêt, pour une plate-forme en béton de 50 mètres sur 100 » note Romain Perriniaux.

Pour les éoliennes offshore, l’étape la plus cruciale est la construction sur site, qui produit des vibrations et des vagues – qui peuvent être atténuées. Les éoliennes flottantes empêcheraient cela, et l’industrie compte sur elles dans un avenir proche. Cela dit, une fois installées, les éoliennes offshore permettent aux espèces marines de s’installer sur la partie immergée, créant ainsi une forme récifale, très propice à la biodiversité.

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La construction des éoliennes est très polluante

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Pour calculer l’empreinte écologique d’une éolienne, il faut faire attention à ce que l’on regarde. Il faut considérer l’ensemble du cycle de l’éolienne, et pas seulement sa construction, voire le moment où elle est la plus polluante. A voir aussi : Pour vous, contre les éoliennes !. Comme l’explique Philippe Collet, journaliste à Actu-environnement, au micro de la Culture française : « Après 1 an, l’éolienne a remboursé sa facture énergétique puisqu’au moment de la production, elle n’émet pas ».

Comme le rappelle l’ADEME, seules les éoliennes offshore (et 6 % des éoliennes terrestres) ont besoin d’utiliser des métaux rares. L’extraction de ces métaux est en effet une catastrophe écologique et humaine et la fin de leur utilisation est un objectif souhaitable. C’est pourquoi les fabricants d’éoliennes travaillent sur le sujet afin que, par l’innovation, ils puissent à terme se passer de ces métaux rares. Cela dit, pour vous rappeler, les métaux rares sont essentiels dans la construction de smartphones, d’ordinateurs, d’équipements militaires, de voitures hybrides et d’électricité, etc. Il s’agit donc d’un problème bien plus important que celui des éoliennes. Selon l’ADEME, les terres rares représentent moins de 0,001 % du poids de l’éolienne.

Les éoliennes sont également recyclables à 90 % et ont une durée de vie moyenne de 20 à 30 ans. Les 10 % restants pour le recyclage sont des pales d’éoliennes, qui sont encore difficiles à récupérer, mais qui sont à l’étude.

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Les Français détestent les éoliennes

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La lutte contre les éoliennes occupe un espace médiatique important et a souvent été utilisée à des fins politiques, comme bouc émissaire des énergies renouvelables. De quoi s’agit-il vraiment? Pour répondre à ce point, on peut s’appuyer sur les enquêtes de Harris Interactive, datant de 2018 et menées auprès du public et des riverains des parcs éoliens. 73% des Français déclarent avoir une bonne image de l’éolien (et même 23% une très bonne image), notamment les plus jeunes (84% chez les 18-34 ans, 78% chez les 35-49 ans). Cette image est également encore meilleure auprès de ceux qui vivent à proximité de parcs éoliens (80%).

Cependant, le très grand nombre de pétitions locales contre l’installation d’éoliennes viennent appliquer ce plébiscite. Le groupe Vent des Maires regroupe par exemple 500 maires qui s’opposent à l’installation d’éoliennes dans leurs arrondissements. Au menu des craintes des futurs habitants : le bruit, l’esthétique et la baisse du foncier. Pour ces deux derniers points, assez subjectifs, aucune étude n’a été confirmée. En revanche en matière de bruit, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) indique que les émissions sonores des éoliennes sont inférieures au bruit de chuchotement, c’est-à-dire. moins de 35 décibels 500m, la distance légale entre une éolienne et une limite d’habitation.

L’énergie éolienne a été choisie avant tout comme une avancée politique contre l’écologie pour des partis comme le Rassemblement National.. mais pas seulement. En témoigne la tribune de Stéphane Bern au Figaro en mai 2021 « Madame Pompili, les éoliennes nient l’écologie ! « .

Après avoir critiqué hier le forum anti-nucléaire de plusieurs ONG, passons au forum anti-éolien de @bernstephane qui contient de graves inexactitudes (c’est un euphémisme).

Cependant, limiter la contestation des éoliennes à un traitement politique par la droite radicale est quelque peu trompeur, quand on sait que « 61,2 % des personnes qui se sont exprimées lors de ces enquêtes publiques étaient défavorables au projet développé sur leur territoire », comme le décrit le analyse qualitative de la perception et de l’acceptation sociale d’un parc éolien réalisée par ENCIS Environnement en 2020. Il y a donc un vrai problème de communication de la part du camp « pro-éolien ». Pour éviter la circulation de fausses informations, les entreprises d’énergie renouvelable, les ONG environnementales et le gouvernement devraient être plus éduqués dans leur approche de l’implantation des parcs éoliens.

La France est le seul pays à avoir autant d’éoliennes

La France est le seul pays à avoir autant d’éoliennes

Dans un mix énergétique incluant toutes les sources d’énergie renouvelables, un total d’environ 19 000 éoliennes seraient nécessaires à l’échelle nationale pour répondre à la demande. Sachant que la France compte déjà 8000 éoliennes sur son sol, le pays ne serait pas du tout couvert de ces géants à pales. A titre de comparaison, l’Allemagne compte 26 000 éoliennes couvrant une superficie près de la moitié de la taille de la France…

La France, avec plus de 15 GW de puissance installée, est le 4ème pays européen en volume derrière l’Allemagne (59,3 GW, l’Espagne (23,4 GW) et le Royaume-Uni (20,9 GW) la production mondiale d’électricité atteignant 5,9% en 2020. Les principaux pays producteurs sont La Chine (29,6 % du total mondial en 2020), les États-Unis (21,5 %) et l’Allemagne (8,2 %).

Y a-t-il autant d’opposition aux éoliennes ailleurs dans le monde ? On connaît le fameux « not in my backyard » syndrome britannique (pas dans mon jardin), qui n’est pas né dans le rejet des éoliennes et trouve ses causes plus profondément dans la société, mais a été appliqué aux projets de construction d’éoliennes récentes. Cela se traduit par être généralement favorable aux éoliennes… mais pas à leur installation autour de votre maison.

En Europe, la Plateforme européenne contre l’éolien industriel (EPAW) créée en octobre 2008 regroupe 1 615 organisations de 31 pays principalement européens, dont 999 associations françaises.

Maxence Cordiez, dans Fake or not Energies, rappelle et conclut que la seule énergie propre est celle que l’on ne produit pas, il faut donc en priorité, et à côté des solutions renouvelables, penser la sobriété énergétique, comme modèle de société et d’individu. comportement.

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